Lille, Colloque

AECF Lille (Association d’études de la chose freudienne
et de la logique de l’inconscient)
6, rue Henry-Bossut, 59100 Roubaix, tél. / fax : 03 20 47 26 34
Site : http://aecf-lille.com
courriel : sec.aecf@gmail.com

les 30 novembre et 1er décembre 2019

L’intelligence artificielle, que peut en dire la psychanalyse ?

L’intelligence, si on s’en tient à l’étymologie latine (intellegere), signifie : « comprendre » (du latin comprehendere), soit : « avoir en soi… ».
L’intelligence, il s’agirait donc de l’avoir ou de ne pas l’avoir… L’avoir grande ou l’avoir petite ? Être doué d’intelligence (« haut potentiel », tel qu’on le dit aujourd’hui) ou être dit débile ? Disposer d’intelligence humaine plutôt que d’instinct animal. Avoir l’intelligence cérébrale et/ou l’intelligence de l’âme…
Avoir une intelligence affective, corporelle, musicale, mathématique, etc. Et l’intelligence artificielle ? Malraux (in La condition Humaine, 1933) fait dire à Ferral, à qui l’on demande « Qu’entendez-vous par l’intelligence ? », qu’elle est « La possession des moyens de contraindre les choses ou l’homme ». Que serait l’intelligence artificielle au regard des découvertes de la psychanalyse ?
Ne serait-elle pas l’indice d’une psychose sociale où les productions de chaque Un finissent en agrégat de matières à asservir ceux qui l’ont nourri ?
Voltaire (in Essai sur les mœurs et l’esprit des nations, 1756) disait que « l’esprit d’une nation réside toujours dans le petit nombre, qui fait travailler le grand, est nourri par lui, et le gouverne ». En l’occurrence, la nation correspond aux GAFAM — c’est-à-dire quelques grands groupes industriels — qui tiennent les métadonnées (Big Data) en stock dans leur Data Center. Outre la matérialité énergivore nécessaire au stockage de ces données a priori immatérielles — puisqu’elles correspondent aux contenus de langages échangés par les internautes — existe une matérialisation de ce qui ne serait resté que valeur d’échange (nécessaire) si quelques-uns n’en n’avaient pas saisi une valeur d’usage a des fins de capitalisation monétaire.
Autrement dit : le partage des productions de chacun dans le réseau social a toujours contribué à l’émergence d’une plus-value à laquelle aucun « ermite pur » (impossible) n’aurait pu prétendre. La dialectique caractérisant la structure du sujet (de l’inconscient) se définit par « ce qui ne cesse pas de s’écrire » via les productions contingentes qui donnent un aperçu, une part de ce qu’il en est.
Si les productions, a priori librement partagées par chacun, au moyen de la toile (internet) autorisent l’émergence d’autres outils pour d’autres savoirs et d’autres conforts, elles deviennent autant le terreau d’autres artifices prédicatifs voilant la dimension subjective du Désir (de l’Autre) au cœur de l’existence subjective.

Benoît Laurie

Intervenants

— Joseph-Lê Ta Van

— Amîn Hadj-Mouri : L’intelligence artificielle : une illusion de métalangage ?

— Dominique Guevenoux

— Valentin Fluteau

— Samir Amellal

— René Lew : L’intelligence comme artefact de la pulsion

— Emmanuel Brassat

— Benoît Laurie

— Fréderic Tordo

Dates, horaires, lieu, inscription
Le samedi 30 novembre et le dimanche 1er décembre 2019,
23 rue Malus, 59000 Lille.
Pour toute information accéder au site ou écrire à sec.aecf@gmail.com

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