Paris, Colloque

Dimensions de la psychanalyse
dimpsy@wanadoo.fr

Turbulences, tourbillons et chaos en psychanalyse

les 3 et 4 octobre 2020

Le schématisme du signifiant, au sens de Lacan, nécessite le soubassement de la lettre. Ce schématisme se figure comme un attracteur étrange où les avatars de la lettre dominent, du caractère au lien signifiant en passant par le littoral de l’un à l’autre.
Cette structure associant la lettre et le signifiant — à distinguer signifiance S1 et signifiant proprement dit S2 — se mobilise en une dynamique se complexifiant d’étape en étape. Ces étapes sont en particulier celles de la construction du discours de la psychanalyse, de la construction du savoir textuel de l’analysant, de la construction de l’écriture comme mise à plat (Niederschriften) des schèmes conceptuels sans lesquels aucune intelligence de l’inconscient ne saurait trouver d’expression non pathologique.
Cet ensemble n’est déterministe qu’à partir des choix déjà effectués des hypothèses conduisant à la mise en œuvre d’une syntaxe d’où émerge un réel, sur tel mode (et Lacan insistait sur l’impossible) ou tel autre. Ce faisant rien ne peut en être donné comme prévisible. Et ce déterminisme est donc imprédictible. Mais sous l’angle de l’hypo-thétique il inclut asphériquement un indéterminisme avec lequel compter encore. C’est cet indéterminisme du signifiant qui conduit à la contingence des positions subjectives, lesquels rendent la jouissance sur laquelle le sujet s’appuie récursivement turbulente.
Un « tourbillon d’asphère » en dépend et cette topologie chaotique du discours ne fait en somme que souligner le poétique qui gouverne l’inconscient.
Le chaos est ici précisément le retour à un initium qui n’existe pas (Dieu, fonction Père, fonction en intension…), remplacé par une hypothétique récursive. Ce mouvement dynamique construit sa propre complexité d’hypothèse en conséquent et de celui-ci en une hypothèse renouvelée, de proche en proche et en réseau. C’est bien pourquoi ce qu’il y a de déterministe dans cette hypothétique est imprédictible. De là la sérendipité d’une cure psychanalytique et l’induction d’une contingence afin que la nécessité évidée qui l’aura produite en dépende en retour, selon une manière de l’alimenter toujours décalée de ce qu’elle aura été.

R.L.,
le 5 mai 2020

Programme

Note du 8 octobre 2020
La situation sanitaire a entraîné l’annulation du colloque.
Les textes des intervenants qui nous sont parvenus sont ci-dessous téléchargeables.

Samedi 3 octobre
matin : 9h – 12h

— Florence Sztergbaum : Le chaos, hors sujet ?
— Pierre Smet (L’Acte psychanalytique, Bruxelles) : Chaos, malaise et rempart
— Jean-Pierre Renaud : La poétique qui gouverne l’inconscient relève-t-elle d’une dynamique des fluides ? ( 1er chapitre , 2ième chapitre )

après-midi :13h30 – 16h30

— Mauricio Maliska (Maiêutica Florianópolis — Instituição Psicanalítica) : Du magma phonique au faunétique
— Mara Musolino (Mayeutica, Buenos Aires), L’ordre tourbillonnant du chaos dans les dissipations de l’inconscient
— René Lew : Le moule et le kaolin
— Osvaldo Cariola (Freuds Agora, Copenhague) : Chaos et transition de phases

Dimanche 4 octobre
matin : 9h – 12h30

— Joseph-Lê Ta Van : Retour au commencement… toujours impossible… et pourtant répété… malgré soi !
— Pierre Pitigliano : Chaos et physique quantique
— Marc Saint-Paul : Tourbillons et avatars des tourbillons borroméens
— Jean-Michel Mack : Templets et chaos

après-midi :14h00 – 18h00

— Jean-Charles Cordonnier : Pour la peste, le chaos
— Abdou Belkacem : La lettre drague ce que le dit vague
— Emmanuel Brassat : Chaos, catastrophe et désir, après l’histoire
— François Ardeven : Estordison, Lacan avec Rachi de Troyes

Lieu, inscription
Lieu : sera précisé ultérieurement.
Inscription : 80 € pour les non-membres (entrée libre pour les étudiants et les demandeurs d’emploi) à l’ordre de :
Dimensions de la psychanalyse, 10 avenue Charles-Floquet, 75007 Paris.

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