Paris, Colloque

Dimensions de la psychanalyse
dimpsy@wanadoo.fr

Psychanalyse et pandémie

le samedi 21 novembre après-midi
et le dimanche 22 novembre toute la journée

Même si la covid-19 aura fait moins de morts que la seconde Guerre Mondiale, nous avons sûrement affaire à cette occasion à une « avancée technologique » impliquant un régime de mort qui devrait laisser des traces durables.
Après le colloque sur la poésie et/de la psychanalyse en 2019, et sur la lancée du colloque d’octobre 2020 sur Turbulences, tourbillons et chaos en psychanalyse, et bien avant celui concernant Impuissance et impossibilité dans les discours, questionner en psychanalystes (si cela a un sens) les effets de la pandémie toujours actuelle de SRAS-CoV-2 est d’importance. Car il s’agit de ne pas rester coi devant cette question, décalquée de « la poésie est-elle encore possible après Auschwitz ? » : « la psychanalyse est-elle encore possible après la pandémie de covid-19 ? ». Nous avons assurément à discuter cette étape entre chaos et impuissance. Mais, à formuler ainsi la question, on voit immédiatement ce qui est précaire alors dans la psychanalyse et ce qui est robuste. Nous en discuterons donc et je ne m’avance pas plus avant. Dès lors, on peut d’ores et déjà infléchir la question dans le sens médiatique largement diffusé :
— qu’est-ce que la pandémie actuelle va changer dans nos habitudes (au sens large : sexuelles, psychiques, économiques, politiques, écologiques…) ?
— Qu’est-ce que la psychanalyse serait fondée à interpréter des discours politiques, sanitaires et sociaux relatifs aux barrages à mettre en place contre l’infection ?
— Comment éviter de donner des leçons ?
— De quoi est-on amputé au déclin de l’épidémie (privation, frustration, castration) ?
Et bien d’autres questions qui ne manqueront pas de surgir pour servir de guides au dialogue — sachant que la psychanalyse n’est pas un « guide de vie ». Serait-elle sensationnelle ?
Le colloque aura lieu en « présentiel »(cf. note 1) à l’Institut protestant de théologie, le samedi 21 novembre après-midi et le dimanche 22 novembre toute la journée.

*

Précautions, craintes, menaces, peur véritable — et maladie… Les réactions des gens ont-elles été de cet ordre ? Par comparaison, je rappelle Jean Delumeau, La Peur en Occident (XIVe-XVIIIe siècles). Une cité assiégée, Fayard, 1978. Vis-à-vis de la guerre, des types de guerres, des exterminations de masse (et leurs problèmes techniques — on lira aussi les ouvrages J. Chapoutot sur la persistance du nazisme sous-jacent au libéralisme) la qualité de la mort aura changé assurément. Que dire dès lors de la qualité de la vie (distincte des qualités de vie) ? Après l’asile psychiatrique hors les murs, toute la population s’est trouvée enfermée chacun chez soi. Le grand renfermement — avec distanciation sociale (!) —, mais ce fut aussi la soumission. Delumeau, quant aux époques qu’il étudie, parle quand même de séditions. C’était déjà ça. Mais les atteintes aux libertés (lois scélérates) et les reculs sociaux n’ont guère entraîné de révoltes — sauf la transgression tranquille de matchs de foot à minuit, de port de masque, dans les transports publics, sur le menton sans plus… La raison sanitaire a tous les droits. La société aurait-elle changé ? évolué ? régressé ? Quoi qu’il en soit le confinement a mis en valeur l’importance des rencontres physiques, non médiatisées, de là la ruée sur les plages, les berges, les plans d’herbe… Et 40.000 manifestants à Paris (au sortir du confinement) contre les violences policières, c’est plus que notable.
Avec les mesures restrictives largement développées, on est passé (est-ce nouveau ?) à une logique de l’économie — mais avec d’autres assises que dans l’économie politique : moins d’espace loisible pour chacun, pourtant tenu éloigné d’autrui et à cause de cela aussi ; voir les places dans les écoles, et de là moins d’élèves… Quand ce qui compte pour tous, petits et grands, ce sont les échanges directs, et se frotter aux copains, aux amours,… C’est la participation en vif, pas en image qui compte. Et heureusement que la procréation reste encore naturelle : in vitro, elle n’a pas gagné tout le terrain.
Dans tout cela, c’est de jouissances qu’il s’agit : comment se protéger de la jouissance de l’Autre (Unlust), est-ce grâce à la jouissance phallique (Lust) ?

René Lew,
le 3 juin 2020

Note 1 : De « présentiel » à « présidentiel », il n’y a que le pas des ides de juin (entre autres), qui vont avec les idées et renversent les dits. Pourquoi pas « prédisentiel » ?

Premiers participants annoncés

— Maryan Benmansour, Psychanalyse et exception
— Jeanne Lafont, Michel Foucault, la biopolitique et le « reste »
— René Lew, Est-ce que répondre aux chants et questions des êtres mi-chair mi-poisson (Sirènes, et aussi Sphinge, Chiron pour des exemples comparables) peut à tout coup protéger de la perte ? Le mi-dire est-il la réponse en acte à ces mi-hommes ? La résolution du complexe d’Œdipe protège-t-elle de la peste ?
— Frédéric Nathan-Murat
— Pierre Pitigliano (s. r.)
— Juan Sebastian Rosero
— Bernard William Sigg
— Enrique Tenenbaum (par vidéo)

Merci de m’adresser projets d’interventions et
contributions diverses.
R.L.

Lieu, dates, inscription
à l’I.P.T., 83 Bd Arago, 75014 Paris, dans la salle 11 le samedi 21 novembre (après-midi, de 14h à 18h) et dans la salle 1 le dimanche 22 novembre (toute la journée, de 9h30 à 18h).
Inscription : 80 € pour les non-membres (entrée libre pour les étudiants et les demandeurs d’emploi) à l’ordre de : Dimensions de la psychanalyse, 10 avenue Charles-Floquet, 75007 Paris.

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