Lille, Groupe de travail

AECF Lille (Association d’études de la chose freudienne
et de la logique de l’inconscient)

Benoît Laurie

Écologie et psychanalyse
Le suicide « collectif » du sujet

Voilà déjà des décennies que l’écologie se rappelle à nous. Les alertes se multiplient d’année en année, jusqu’à la survenue de catastrophes, dont celle du dérèglement climatique. Cela signe l’émergence d’« une conscience collective » des risques, corrélée à la survenue réelle de ce qui n’était jusqu’à peu que représentations projectives. Encore taxées d’accents paranoïaques, ces projections se montrent finalement bien en phase avec ce qui se réalise.
On ne fera pas l’impasse, pour notre part, sur ce qui, depuis la structure de la béance, participe d’une quête de jouissance sous les auspices de la pulsion de mort et qui mènerait destructivement au pire. La logique du symptôme se retrouve ainsi dans la négation de la dimension symbolique participant de la structuration psychique, dans le nouage réel-symbolique-imaginaire. C’est dire que la catastrophe écologique en cours signe une psychose sociale. Alizart (in Le coup d’État climatique) ne s’y trompe pas, parlant d’un « carbofascisme », nourrissant sciemment les ambitions capitalistes, associées à un pseudo-« climatoscepticisme ».

Qu’est-ce que la psychanalyse aurait actuellement à apporter aux projets écologiques ?

Elle est à même de reconnaître et faire reconnaître la logique pulsionnelle. La pulsion est le représentant psychique du somatique, elle cause le désir essentiel à l’existence du sujet parlant, au-delà de la logique vitale du besoin.

Nous avons appris de l’étude freudienne du symptôme que s’y joue un « au-delà du principe de plaisir », au travers de répétitions des plus mortifères. Comme pour certains symptômes psychiques, la vie somatique finit, en effet, par se trouver menacée elle-même.

Le gavage consumériste (et ce n’est pas donné à tout le monde), propre au capitalisme, masque la négation de la logique du sujet, celle d’un désir essentiel appelant chacun à reconnaître son ratage fondamental de l’objet…

Participants déjà annoncés

— Jean-Charles Cordonnier
— Fabrice Leroy

Dates,horaire, lieu
Trois à quatre séances entre novembre 2020 et avril 2021. Dates et horaire à définir avec les participants. Lieu : 36 place aux Bleuets, Lille.
Contact : Benoît Laurie : benoitlaurie@yahoo.fr / 06.03.24.62.51

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