Lille, Séminaire clinique

UFR Psychopathologie et psychologie clinique,
Lille 3/Paris VII – CRPMS EA 3522
Rosa Caron, MDC-HDR, MCF-HDR, en psychopathologie et psychologie clinique
EPSM Lille-Métropole, Pôle 59G18
Maryse Deleplancque, psychiatre des hôpitaux, Pôle 59G18
Nadia Baba, Chef de pôle 59G18-59103

Le passage à l’acte (2)

Passage à l’acte ou… quand l’acte est la mise en échec d’un dire, d’un écrire comme actes de passage.
Qu’il soit de l’ordre psychiatrique (suicide, troubles de l’agir…), criminel, social, politique, religieux, le passage à l’acte et sa mise en acte résulte de l’impasse d’un dire. Dans sa radicalité, sa violence, qu’il se veuille changement ou rupture, il traduit l’échec, le court-circuit de l’énonciation qui se passe d’un dire. Il nous conduit à analyser les trois dimensions de l’acte sur le plan symbolique, imaginaire et réel.
Qu’est-ce qu’un acte ?

Qu’il soit adressé ou non à l’autre, il peut être la résultante d’un agir pour ne pas penser, d’un agir du désir de l’Autre. Mais l’acte pris dans le langage engage et implique, change le sujet, l’assume dans sa division d’avec l’Autre. C’est par et dans cette transformation, que l’acte de dire, s’inscrit, s’écrit et fait alors passage.
« […] l’acte psychanalytique se soutient de cette ouverture sur l’inattendu » (René Lew, Imprédicativité de l’acte psychanalytique).

Maryse Deleplancque

Programme

21 novembre : Amîn Hadj-Mouri, Pulsion(s) de mort et passage(s) à l’acte : l’acte psychanalytique (1)
Dans la perspective de libérer de sa psychologisation dégradante la théorie freudienne des pulsions, il s’agira de préciser la dialectique spécifique qui noue et articule les pulsions de mort et de vie. Il s’agira par là-même de montrer comment toute la tâche psychanalytique repose sur l’apport vivifiant de la pulsion de mort en tant qu’elle anime la négation, pivot essentiel de la déconstruction des symptômes. Ces symptômes énoncés par le moi, le soutiennent tout en l’altérant. Ils résistent à l’inconscient et menacent de mettre à mort le désir au profit — vain — d’une jouissance, rendue impossible par la dépendance irréversible du symbolique.

12 décembre : Amîn Hadj-Mouri, Pulsion(s) de mort et passage(s) à l’acte : l’acte psychanalytique (2)

16 janvier : René Lew Passage à l’acte théorique contre acte de passage pratique
1. Le lien théorie-pratique dans la psychanalyse
La structure de la tierce personne comme schématisme de la parole dépasse (aufhebt) le chiasme entre passage à l’acte et acte de passage, au profit d’une structure de la lettre en tant que littorale et d’une semblable organisation asphérique (présentée en paire ordonnée) entre les jouissances :
(jouissance phallique → (jouissance phallique → jouissance de l’Autre)).
Cette structure ouvre à la fois sur l’aliénation du sujet et son engendrement transcendantal (récursif) que Lacan donne comme sé-paration. La pratique souligne cette absence d’auto-engendrement du sujet.

20 mars : René Lew 2. L’appui de la pratique sur la théorie et inversement

29 mai : Claude Eisenberg, L’accord tacite et la fonction secrétaire
Passage à l’acte, acting out, agieren ou la dimension
translinguistique de l’acte comme passage à vide

5 juin : Maryan Benmansour, Écrire, entre acte et passage
« La maîtrise [de l’écrivain] est toujours le fait de l’autre main, celle qui n’écrit pas, capable d’intervenir au moment où il faut, de saisir le crayon et de l’écarter » (Maurice Blanchot, L’espace littéraire, Gallimard, p. 15). Quel est le statut de cette deuxième main et que se passe-t-il lorsque l’autre main (membre fantôme ? prothèse ?) n’intervient pas ? Qu’est-ce qui passe ou ne passe pas dans le passage à l’acte ? Il s’agira d’éclaircir cette question à partir de différentes scènes du passage à l’écriture.

26 juin : Osvaldo Cariola, De l’auto-engendrement comme chimère
Il s’agira de voir comment la dite « politique identitaire » est à considérer comme un exercice d’identification raté du néolibéralisme. Ceci à partir de certains exemples qui montrent comment les avatars de la subjectivation dans l’époque hyper-industrielle posent la question d’un bon ou d’un mauvais usage du semblant.

Dates, horaires, lieu
Les samedis, de 9h30 à 11h30, au bâtiment d’accueil de l’EPSM Lille-Métropole, DIRM, 2ème étage, rue du Général Leclerc à Armentières.
Inscription : ldehosse@epsm-lm.fr
L’inscription suppose un engagement de la part du participant pour les sept dates annuelles. Une confirmation d’inscription sera adressée par retour de mail. Séminaire gratuit, places limitées.

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