Paris, Séminaire

René Lew
06 12 12 85 97

Épistémologie de la psychanalyse (1)

De la lettre au complexe :
l’incidence de la théorie dans la pratique
et de la logique dans la théorie

Dans son séminaire Encore Lacan suit un cheminement questionnant au fond le rapport des modes de la lettre aux jouissances.
Suivre cette démarche revient à repréciser le lien de la théorie à la pratique en psychanalyse. Lacan en avait indiqué divers abords intriqués dans l’« Acte de fondation » de l’École française de psychanalyse (devenue l’École freudienne de Paris), le 21 juin 1964 (Autres écrits, p. 229 sqq.).
Sur cette lancée, j’aborderai cette année les liens de la théorie à la pratique, et inversement, selon leur lien à « la » jouissance et à partir du soubassement que la lettre constitue pour le signifiant.

1. Sur les prémisses de la théorie
Comment oublier la théorie pour qu’elle se mette en pratique inconsciemment (cela n’est pas le non-su) ?
Comment assimiler la théorie pour l’oublier et ne pas la faire jouer consciemment ou de manière volontariste ?
Qu’est-ce qu’assimiler une théorie pour ne pas la rendre lourde à manier ?
À quoi correspond une conceptualisation dans ses liens à la logique et à la nomination des concepts ? Comment structurer ceux-ci en une morphologie ? Comment figurer celle-ci ?
Qu’est-ce que dépendre des concepts antérieurs (depuis Freud) ou comment se déprendre de cette dépendance ?

2. Sur les conditions de jouissance de la pratique
Les motifs (dans l’ambiguïté du terme) de l’analyste sont-ils limités à son désir ou faut-il aussi rapporter celui-ci à une jouissance de la pratique ?
Quel lien a la jouissance que l’analyste tire de sa pratique avec sa condition existentielle comme analyste ?
Ne l’impose-t-il pas comme jouissance de l’Autre, dans la cure, à l’analysant ? De là souvent la confusion entre l’Autre et l’analyste, cette confusion venant comme réponse préétablie et malvenue à la question précédente.
Quelle raison fonctionnelle — théorisable — mobilise l’analyste dans sa manière de diriger la cure ? Qu’est-ce que cette directivité ? En ces termes, est-elle fondée ? N’est-ce pas là que la psychanalyse rejoint la politique ? C’est assurément ce qui avait amené Lacan à soutenir que « l’inconscient, c’est la politique » (La logique du fantasme, 10 mai 1967). Autre chose que de dire, comme on ne le répète que trop, que « l’inconscient, c’est le politique ».

3. Jouir de la théorie
L’analyste peut-il être au clair avec les raisons théoriques qui le motivent ?
Qu’est-ce qui pousse certains à théoriser leur pratique ? Certains autres à théoriser sans lien apparent et immédiat avec la pratique… et d’autres encore à pratiquer la psychanalyse sans rien en théoriser par eux-mêmes et à se contenter d’appliquer ce qu’ils trouvent de théorie toute constituée (là encore depuis Freud) ?

4. Écrire la pratique
Est-ce que théoriser, c’est écrire la pratique ? Cela pose la question de la fonction et du champ de la lettre dans son rapport au lien réversif de la pratique à la théorie.
Est-ce que théoriser implique ipso facto une mise en jeu de la lettre dans la théorie ? Freud est parti de là (voir la fonction de la lettre Q dans l’Esquisse) : est-ce suffisant pour soutenir que la psychanalyse se conçoit/ne se conçoit que depuis la lettre ?

Dates, horaire, lieu
Chaque lundi du mois hors vacances scolaires, d’octobre à mai,
à partir du 5 octobre 2020, à 21h précises, 7 bd de Denain, 75010 Paris,
code 29A10, interphone, esc. B, 1er étage à gauche. Entrée libre.
Possibilité de visio-conférence sur Zoom :
codes sur demande : lysimaque@wanadoo.fr.

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