Paris, Séminaire

Dimensions de la psychanalyse
Frédéric Nathan-Murat
06 80 90 99 65

Psychanalyse et politique

le dimanche de 11h à 13h

Politiques de la lettre

Après le survol l’an dernier des politiques de la jouissance, penchons-nous cette année sur les politiques de la lettre, histoire de ne pas lâcher la rampe de notre élaboration de la structure psychique, où chacun à tout le moins jouit de la lettre. Lettre, qui dans sa singularité n’en est pas moins bien commun, prospérité mutuelle. Jouant, jouissant de littéralité réelle, se forge le caractère imaginaire qui lettre la jouissance symbolique de la relation signifiante. L’asphéricité divise autant le sujet que l’Autre, la jouissance et sa lettre. Dès lors, gare à l’usage individuel ou collectif qu’on fait de la lettre. Car lettre techné, quand elle s’acoquine aux lettres de la démagogie, nous mène directement à tous les abus de la dictature. Celle qui se veut souveraine, comme un moi tout puissant de sa paranoïa. Les gouvernants, jouissant des méfaits de leur politique capitalistico-néo-libérale, ne cessent de faire la guerre militaro-sécuritaire et économico-sociale aux citoyens gouvernés, jusqu’aux camps à domicile, de la Syrie à la virémie. La lettre d’amour advient la lettre d’a-mur du pouvoir et de la contrainte. Mais la loi de la jouissance, occulte, indifférente, insensée ne fait que livrer les existences à la mort. Les lois ne peuvent être faites que pour détourner de la seule loi humaine, celle de la parole, au champ de la lettre. Le sujet est incontournablement divisé selon les modes du contrat social où il est plongé. La haine de soi et des autres fomente un monde d’après qui se voudrait le monde du pire, un pire pourtant déjà trop sûr. L’obligation nous est donc dévolue de lettrer tout ça, pour passer de l’illisible au lisible, de la toute-puissance au vide de la division subjective, du singulier au commun, afin de mieux faire apparaître la lettre derrière l’objet et son image, et couper court, enfin, à la course effrénée du néo-libéralisme à la privatisation des biens publics, en attendant celle des biens communs. Les biens publics se doivent d’être des biens au service du public, obligation des gouvernants. Notre attachement de citoyen aux services publics, témoigne de notre universelle condition, un bien commun, une lettre de solidarité vitale. Et il nous faut, aujourd’hui, au plus vite (comme dirait l’autre) viser à l’institution des biens communs mondiaux, de ceux issus de la lettre, genre santé, habitation, climat, économie, éducation, culture…

Frédéric Nathan-Murat,
le 25 avril 2020

*

Discutons de ce que la lettre amène de tribut à la société, à la politique, à la science.
Ce joint de « Lituraterre » à la grammatologie — carte postale à l’appui — est essentiel.
Je suggère donc que nous nous attachions cette année à trois types de politique de la lettre :
1° la lettre dans sa raison proprement politique : comment elle y aide, comment elle l’oriente, comment elle s’en trouve elle-même contrainte ;
2° la lettre comme soubassement du signifiant : littérature, poésie, psychanalyse, prosaïsme de la politique au temps de l’imposition scientifique sur la liberté du signifiant,
3° de la lettre à l’écrit et au texte, lecture et illecture associées.

René Lew,
le 17 avril 2020.

Programme

Dimanches, de 11h à 13h, à l’I.P.T.

11 octobre :
— Pierre Pitigliano, Hegel, le droit et la lettre
— Frédéric Dahan, Le tribut de la lettre ou le réel du dispositif analytique

6 décembre :
— Patricia León, La lettre d’amour et la passe. La rature comme Nomination
— Frédéric Nathan-Murat, Jouir de la lettre

14 mars :
— Frédéric Dahan et René Lew, Polémique à propos du littoral : est-elle productrice de littoralité ?

Dates, horaires, lieu
les dimanches de 11h à 13h, à partir du 11 octobre 2020,
à l’IPT, 83 bd Arago, 75014 Paris, salle 11. Entrée libre.

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