Paris, Séminaire

Dimensions de la psychanalyse
René Lew
06 12 12 85 97

Préparation du colloque de 2021,
en trois dimanches de 11h à 13h

Impuissance et impossibilité en psychanalyse

Des discours à l’acte psychanalytique


L’impuissance est celle qu’occasionne le faux face à la vérité qui parle et qui est seule productrice tant d’un sujet que d’un réel renouvelés. C’est dire que la vérité est poétique, et ne peut être que poétique, si elle est bien celle de la parole. Par contre le faux, comme l’Autre jouissance, est ce qu’il ne faudrait pas ; ou plus exactement ce qui malheureusement ne faut pas (ne choit pas) du fait de colmater la faille inhérente à la signifiance. Et c’est, dans sa massivité, en quoi il détermine l’impuissance à produire. Dans tout cela il faut entendre qu’il existe divers modes, diverses logiques, diverses structures de vérité — et pareillement pour le faux. N’y aurait-il qu’un seul type d’impuissance ? Qu’on pense aux divers modes de sidération psychotique (anidéisme, catatonie, athymhormie) ou aux divers modes d’inhibition névrotique touchant les différents types d’objet a, au-delà des quatre-plus-un de Lacan (tergiversations obsessionnelles, phobies, stagnation des conversions hystériques…).
Pour Lacan, précisément, dans les schémas des discours, l’impuissance et l’impossibilité ne sont cependant pas superposées. Aussi avons-nous à décoller de l’impuissance l’impossibilité. Comme l’on distingue névroses et psychoses, y compris à les relier.
Voici comment il les présente dans « Radiophonie » (Autres écrits, p. 447).

Le plus étonnant est que l’impossibilité opère dans ce cas où un passage — et souvent nécessaire — laisserait entendre l’inverse :
. de S1 à S2 dans le discours du maître
. et de a à $ dans celui de l’analyste.
Voilà ce qui est offert à la discussion. Ne serait-ce qu’à discuter de l’holophrase, en particulier dans la psychose, ou à reprendre la raison fonctionnelle du fantasme. Mais aussi pourquoi appeler « impuissance » le « retour »
. de $ à S1 dans le discours universitaire,
. et celui de S2 à a dans le discours hystérique ?
J’y verrais respectivement la détermination de la passe et celle de la cure. Peut-être qu’il s’agit, avec l’impossibilité, de noter l’absence de lien entre l’agent et l’autre (ou entre le semblant et l’Autre). Semblablement, avec l’impuissance, il ne peut s’agir que de ce qui falsifie la position du sujet vis-à-vis de la signifiance ou celle du signifiant vis-à-vis de l’objet cause du désir.
On peut de toute façon le concevoir (autrement que ne l’indiquent les flèches de Lacan dans ces discours)

comme le chemin eulérien permettant de suivre d’un seul trait de plume chacune des fonctions indiquées par une arête dans ces figures. Cela donne (par exemple et ce n’est qu’un exemple)

où, pour obtenir cette figure, il a bien fallu renverser l’une des flèches de Lacan, et surtout ôter une arête au carré modal. Dès lors l’impuissance vaut le non-rapport inscriptible entre les sexes, si l’on ramène ce quadrangle des discours au quadrangle œdipien.

Plus conceptuellement,
— l’opposition ambiguë de l’impuissance à la puissance est immédiate (surtout à parler de la puissance du Père primordial et de ses avatars théoriques) ; voir l’équivoque du Vermögen de Dora ;
— l’indécidabilité — notée par Lacan, mais non travaillée explicitement par lui — entre impossibilité et contingence nous induit à travailler cette intuition
grâce aux mathématiques et aux logiques,
en revenant, ne serait-ce qu’à elles, aux apories de Diodore Cronos et à toutes les logiques des modalités,
mettant en jeu le quoad matrem du féminin ;
— et, dans la foulée, nous sommes tenus de prolonger le lien existentiel (Lacan) d’obligation (commandement du surmoi, impératif de jouissance, contrainte pulsionnelle, etc.) à interdit (l’inceste avant toute chose) par le mode d’intervention du dire dans le rapport qu’il « intime » de la vérité au réel.

Aussi nous faudra-t-il lier la question relative à impuissance et impossibilité au lien que le dire autorise de la vérité au réel.
Ces questions n’ont rien d’exhaustif. Qui plus est il nous faudra commenter toute la réponse à la question VII de « Radiophonie ». Au plus simple, c’est peut-être cette démarche qui charpentera ce séminaire.

R.L.,
le 12 avril 2020

Programme

— le 8 novembre 2020

— le 10 janvier 2021

— le 11 avril 2021
Frédéric Dahan : Séparer énonciation et qu’on dise ?
Florence Sztergbaum : Progrès / stase des discours

Dates, horaires, lieu
les dimanches de 11h à 13h : 8 nov. 2020, et 10 janvier et 11 avril 2021,
à l’IPT, 83 bd Arago, 75014 Paris, salle 11. Entrée libre.

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