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Dimensions de la psychanalyse, Présentations de livres

Dimensions de la psychanalyse
dimpsy@wanadoo.fr

à Paris,
le dimanche 14 janvier 2018

Présentation des livres publiés au cours de l’année 2017 par les membres de dimensions

 

Lieu, horaires, inscription
Institut protestant de Théologie, 83 bd Arago, 75014 Paris.
Le dimanche 14 janvier 2018, à partir de 14h.
Entrée libre

Séminaire Griselda Bazan – Abdou Belkacem – Une lalangue en glaise ?

Griselda Bazan
bazangriselda@yahoo.fr
06 12 11 86 16
Abdou Belkacem
belkacemabdou@gmail.com
06 24 36 74 90

Une lalangue en glaise ?

Le 4 novembre 1971, dans son séminaire Le savoir du psychanalyste (1971-1972), Lacan introduit un mot nouveau : lalangue, laquelle a affaire avec la répétition et l’inconscient structuré comme un langage.
Ce néologisme fut le produit d’un lapsus(1). Lapsus aussitôt tombé, comme tel, au profit d’une baliverne, d’un canular ?
Le 11 février 1975, dans son séminaire RSI (1974-1975), et pour la seule fois dans son oeuvre, Lacan déclare lalangue anglaise « inanalysable » :
« […] c’est lalangue anglaise qui fait obstacle »
« […] ce que cela comporte comme difficulté de me(2) traduire dans lalangue anglaise. »
Prive-t-il ainsi les sujets anglophones de leur accès à l’inconscient, dans leur langue maternelle ? Les privant, en même temps, de leur accès à la vérité ?
La psychanalyse, science(3) fondée par Freud, ouvre à la découverte de ce lieu topique où se produit un objet nouveau : l’inconscient et son savoir.
Ce savoir de l’inconscient ― savoir emmerdant (en merdant) ―, se dévoile (se traduit, dit Freud) au moyen de l’analyse de ses formations : le rêve, le mot d’esprit, le lapsus, le symptôme, etc.
L’inanalysable a un statut logique, en position antithétique avec ce que Lacan désigne comme « résistance de lalangue à l’inconscient »(4).
Donc, lalangue anglaise « inanalysable » ?
Cette assertion, pour le moins expéditive ― et sur laquelle Lacan ne reviendra jamais ―, contraste fortement avec le fait que Lacan s’est amplement servi de l’anglais dans son oeuvre : de la littérature, des psychiatres anglophones,… mais aussi des termes anglais (acting out, fading…), ou franglais (« oddité », « poignance »…) qu’il importe ou crée à partir de l’anglais.
Serait-ce, en immolant les sujets anglophones et lalangue anglaise sur l’autel d’un obstacle insurmontable pour accéder à l’analysable des formations de l’inconscient, que lui, Lacan, put se permettre de créer à partir des emprunts faits à l’anglais ? Par exemple, sans vérification du chemin parcouru par tel ou tel auteur dont il se sert ?
Seraient-ce ces emprunts, faits à l’anglais, qui viendraient exemplifier la célèbre formule : « s’en passer à condition de s’en servir », référée au père, dans son séminaire sur Joyce ?(5)
Mais, pourquoi résiste-t-il à lalangue anglaise ― qu’il lisait mais ne parlait pas ―, et dont il n’était par conséquent pas habité ?
En inversant et en disjoignant les syntagmes, ne se place-t-il pas, à son insu, dans un : s’en servir (lui, Lacan) à condition de s’en passer (les sujets anglophones) ?
Au-delà, et en poussant notre hypothèse : dans son enseignement, n’est-il pas cet analysant ― dont il s’est toujours revendiqué ― qui aurait la possibilité de « s’en passer à condition de s’en servir », portant lalangue anglaise à la stature d’une découverte : sa découverte à lui ?

___________
(1) « Fonction de la parole et du langage, le champ est constitué par ce que j’ai appelé l’autre jour avec un lapsus : lalangue (…) ». Le savoir du psychanalyste 1971-1972.
(2) C’est nous qui soulignons.
(3) Si l’on suit Althusser : « Le premier mot de Lacan est pour dire : dans son principe Freud a fondé une science. Une science nouvelle, qui est la science d’un objet nouveau : l’inconscient », Positions, 1964-1975. Éditions Sociales, 1976, pp. 15-16.
(4) RSI, 11 février 1975.
(5) Le sinthome, 1975-1976.

Lieux, horaires, inscriptions
Le séminaire débutera en octobre 2017.
Le lieu et les dates seront communiqués ultérieurement.