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Paris, Séminaire

Maryan Benmansour
06 82 93 98 49

La mort, la rhétorique et la souveraineté

« La salle de réanimation où errent entre la vie et la mort le néo-mort, comateux et le faux-vivant, délimite un espace d’exception où apparaît une vie nue à l’état pur, pour la première fois intégralement contrôlée par l’homme et sa technologie. Et comme il ne s’agit pas d’un corps naturel mais d’une incarnation extrême de l’homo sacer […], ce qui se joue ici, encore une fois, c’est la définition d’une vie qui peut être ôtée sans que soit commis d’homicide, et qui, comme l’homo sacer, est « insacrifiable » au sens où elle ne saurait évidemment faire l’objet d’une exécution capitale. »

G. Agamben (1)

« Quand je pense à chez nous (où il n’y a plus personne à présent), il me semble toujours qu’il a dû en être autrement, jadis. Jadis, l’on savait — ou peut-être on s’en doutait seulement — que l’on contenait sa mort comme le fruit son noyau. Les enfants en avaient une petite, les adultes une grande. Les femmes la portaient dans leur sein, les hommes dans leur poitrine. On l’avait bien, sa mort, et cette conscience vous donnait une dignité singulière, une silencieuse fierté. »

R.M. Rilke (2)

Poursuivant la réflexion initiée l’année précédente, nous tenterons cette fois une question généalogique : dans quelle mesure la question de la mort a-t-elle pu s’inscrire dans la pensée du XXème siècle et comment a-t-elle pu soutenir la réitération de la question de la souveraineté ?
Là encore, que vient nommer ici le mot « mort » ? Et qu’en est-il de son antonyme, le mot « vie », ainsi que de leur liaison ?
Entre la Todestrieb de Freud et le Sein zum Tode de Heidegger (fantômes de Nietzsche ?), s’ouvre un espace de pensée exploré en France par Georges Bataille et par Maurice Blanchot d’abord, puis par Michel Foucault et Jacques Derrida, entre autres.
En cet espace se déploient également diverses théories autour de la souveraineté.
C’est sur de tels moments que nous voulons revenir pour décrire ces circonstances où la souveraineté vient « prendre » sur « la vie la mort ».
Pour le faire, et pour des raisons évidentes, nous appuierons notre discussion sur la lecture du séminaire de Jacques Derrida récemment publié qui s’intitule précisément : La vie la mort.

M. B.

(1) G. Agamben, Le pouvoir Souverain et la vie nue, in Homo Sacer, L’intégrale, Éditions du Seuil, Paris, 2016, pp 145-146.
(2) R.M. Rilke, Les cahiers de Malte Laurids Brigge, trad. M Betz, Éditions du Seuil, 1966, p. 16-17.

Dates, horaire, lieu
Le second mercredi du mois (si possible) de 21h à 23h, dans le cadre de l’Institut des Hautes Études en Psychanalyse. À partir du mois de novembre 2019, soit les 13 nov. et le 11 déc. 2019, et les 15 janv. 5 fév. 11 mars, 22 avr. et 13 mai 2020.
En octobre 2019, un argumentaire plus détaillé, le nom des intervenants ainsi que les nécessaires précisions de dates et de salles seront disponibles à l’adresse suivante : psychanalyse.ihep.fr

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