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Paris, Atelier, Marc Saint-Paul

Marc Saint-Paul
marcsaintpaul@online.fr
06 61 52 07 07

Atelier de logique (2)
Déréalisme, syntaxe transcendantale, et psychanalyse

Deux après-midi Dimpsy Sur la logique

Programme du 10 juin 2018 actualisé

à Paris
Les dimanches après-midi 18 mars et 10 juin 2018

Sur la logique
Syntaxe transcendantale, logique de la continuité et psychanalyse

Une interrogation en profondeur des avancées et thèses de Jean-Yves Girard – logique imprédicative du 2nd ordre, logique linéaire, réseaux de preuves, géométrie de l’interaction, syntaxe transcendantale, déréalisme, … – paraît aujourd’hui incontournable pour la psychanalyse.
Cette oeuvre, en cours, pour laquelle nous disposons de textes récents de J.-Y. Girard – Le fantôme de la transparence (2016), la série “Transcendental syntax” –, mais encore de travaux de Giuseppe Longo, Paolo Pistone, … pour commencer à en situer la portée, propose une (re)conception de la logique d’inspiration kantienne, en rupture marquée avec les approches dominantes (dites analytiques) de la philosophie de la logique du XXième siècle, mais qui paraît
singulièrement compatible avec certains schémas, mathèmes, ou thèses clés de la psychanalyse, voire pouvoir les conforter.

Simultanément, l’examen approfondi d’une autre voie logico-philosophique, la logique de la continuité de Charles Sanders Peirce et l’architectonique de son pragmaticisme, ne nous semble pas moins nécessaire.
Avec la théorie du signe de Peirce se dessine une logique ternaire – triadique – sur laquelle s’appuiera la théorie du signifiant de Lacan. Et, à la suite des travaux des philosophes des mathématiques – Fernando Zalamea, Pierce’s logic of continuity, … – nous y lisons
l’opérativité de l’adjonction fonctorielle, déjà au coeur de la dialectique hégélienne selon F.W. Lawvere, et encore au coeur de la négation hégélienne selon J.-Y. Girard, adjonction très possiblement liée à une redéfinition appropriée de ce qui est trop souvent (abusivement ?) qualifié de moebien chez les lacaniens.

Alors, pouvons-nous aller plus loin, établir des ponts, des correspondances relativement mieux étayés entre logique, pragmaticisme et psychanalyse ? Entre (a) le maillage des cavaliers de la cognition de J.Y. Girard : usage, performance, constat, usine, sans oublier le moule, (b) le tissage (F. Zalamea) de la séméiose des catégories peirciennes – firstness, secondness et thirdness – avec les dimensions du signe : representamen, interpretant, object sans oublier le ground, et (c) le nouage lacanien des registres symbolique, imaginaire et réel selon la structure des discours – agent, autre, production, et vérité –, peut-il y avoir rencontre, voire dialogue,
éventuellement éclairant pour la psychanalyse ?

Des débuts de réponses à cette question pourraient naître d’une relecture de la clinique et des textes fondateurs de la psychanalyse en s’appuyant sur les travaux du logicien et du
sémioticien.
Mentionnons Michel Balat et Pierre Delion, L’enfant autiste, le bébé et la sémiotique, pionniers dans la mobilisation de l’oeuvre de Peirce pour la clinique, qui nous paraissent à redécouvrir.
Quant à la logique, il nous semble que de nombreux concepts ou opérateurs freudiens et lacaniens – refoulement, retour du refoulé, clivages, (dé)négations, alternative, investissement, fixation, parcours pulsionnel, déplacement métonymique, condensation métaphorique,
interprétation et coupure… – pourraient trouver des écritures logiques affinées avec les théories de processus logiques tels que l’élimination des coupures (Gentzen, 1935) et l’unification de
Herbrand (1931), avec les nouveaux connecteurs de la logique linéaire ainsi qu’avec les réseaux de preuves (J.-Y. Girard, 1987), notamment. Et c’est encore l’imprédicativité de la logique du second ordre, à mieux comprendre, mais qui justifie le déréalisme du logicien, qu’il s’agirait d’interroger au regard de la théorie du signifiant et du sujet au coeur de la psychanalyse.

Ceci indiqué comme débuts de pistes pour des parcours qui ne sauraient s’inscrire sans la durée.

Marc Saint-Paul
le 30 juin 2017

Programme

Le 18 mars de 14h30 à 18h30

– Marc Saint-Paul, Quelques remarques sur J.-Y. Girard et C. S. Peirce pour la psychanalyse (1)

– Osvaldo Cariola, En quoi le sujet de la logique déréaliste a à voir avec le sujet de l’inconscient ?

– Pierre Cardascia, Pourquoi lire JYG ?

JYG travaille la logique à un autre niveau que ce que font les philosophes analytiques si bien qu’on fait une erreur en croyant qu’on peut “coller” ses réponses et ses propositions aux problèmes des philosophes analytiques. Analogie alpine : on peut prétendre escalader le même sommet, mais choisir de l’aborder par telle ou telle face en change tellement le problème que la similitude se limite à un nom sur une carte.
Alors comment aborder JYG, si la lecture des autres auteurs de la philosophie analytique n’aide pas ? Eh bien de la manière la plus naïve qui soit : en lisant JYG.
Cette réponse naïve ne l’est pas tellement, car elle pose le problème de la lecture des logiciens. Il y a de quoi être surpris par le manque de lectures chez les philosophes analytiques, qui publient beaucoup mais lisent très peu. En effet, le fonctionnement institutionnel et/ou la manière qu’ont les philosophes analytiques de penser leur discipline les conduit à rédiger un théorème puis à le publier avec de “la décoration philosophique” qui finalement n’intéresse personne… si bien que plus personne ne les lit. Nous montrerons que ce n’est pas sans lien avec leur idéologie : le positivisme logique, qui conduit à une croyance en une transparence qui dispense de toute philosophie spéculative, appelée péjorativement “poésie”…

– René Lew, La logique 2.0 de J.-Y. Girard et la psychanalyse


Le juin de 14h30 à 18h30
 actualisé le 31 mai 2018

– Marc Saint-Paul, Quelques remarques sur C. S. Peirce et J.-Y. Girard pour la psychanalyse (2)

– Michel Balat

Michel Balat est notamment l’auteur de Des fondements sémiotiques de la psychanalyse – Peirce après Freud et Lacan, ainsi que de Psychanalyse, logique, éveil de coma – Le musement du scribe aux éditions L’Harmattan.

– Juan Sebastian Rosero, ¡Levántate Peirce!

– Michel Roussan, Sur la logique du fantasme

Lieu, dates, horaires
Institut protestant de Théologie, 83 bd Arago, 75014 Paris,
les dimanches après-midi 18 mars et 10 juin 2018, de 14h30 à 18h30 Entrée libre.