Posts Tagged: Maryan Benmansour

Paris, Colloque

Lysimaque
lysimaque@wanadoo.fr

Blanchot pas au-delà de Lacan ?

les 16 et 17 mai 2020

Programme
(programme du 4 mars, mis à jour le 27 mars 2020)

Samedi 16 mai 2020 à l’AEPP : 4 rue Titon, 75011 Paris
après-midi, 14h

Discutant : Frédéric Dahan

― Maryan Benmansour : Blanchot l’impasse
― Jean-Charles Cordonnier : Amicalité et scissiparité (ou : il n’y a pas de communauté psychanalytique)
― John Dewitt : Écriture anonymatique

Dimanche 17 mai 2020 à l’IPT, amphithéâtre, 85 bd Arago, 75014 Paris
matin, 10h

Discutant : Frédéric Nathan-Murat

― René Lew : Le tournant de la philia
― Fabrice Leroy : Une attente sans objet ? À propos de L’attente l’oubli
― Sarah Schulmann : Soulèvement

après-midi, 14h30

Discutant : Maryan Benmansour

― Emmanuel Brassat : Blanchot, la parole silencieuse
― Pierre Smet : À propos de l’expérience. Réel. Existence. Humain
― Frédéric Dahan : Une écriture du littoral

Inscription
PAF : 80 € à l’ordre de l’association de la lysimaque, 7 bd de Denain, 75010 Paris (entrée libre pour les étudiants et les demandeurs d’emploi).

Argument du colloque

Paris, Atelier

Maryan Benmansour, Emmanuel Brassat,
Jean-Claude Fauvin, Frédéric Nathan-Murat,
Pierre Pitigliano, Emmanuel Rosier & Co

Les Négativités

La question des négativités, tel qu’elle se pose dans notre atelier, est une hypothèse de cohérence. Autrement dit, tout discours, mais aussi tout acte, ne valent que par le sort qu’ils réservent au vide. C’est que le vide est au fond de la structure du langage. Toute prise subjective dans cette structure — philosophie, poésie, science, religion, art, politique, psychanalyse — est calée, explicitement ou non, sur un certain statut du négatif à partir duquel elle s’organise positivement. Ce calage sur le schématisme du vide est en tout cas ce qui opère comme hypothèse de cohérence, hypothèse qui est celle du lecteur calé sur le vide du texte, et dans le texte.
Déjà Gorgias dissolvait la philosophie naissante dans le Poème de Parménide, en démontrant la nullité des arguments ontologiques de l’éléate, en visant chirurgicalement les principes logiques mis en œuvre par Parménide pour constituer l’ontologie du Poème. Or, ces principes logiques sont ceux-là mêmes qui fondent tout discours philosophique, théologique, politique et scientifique à travers l’histoire : principe d’identité, principe de non-contradiction, principe du tiers exclu. Gorgias démontre magistralement qu’ils ne sont « rien » : rien comme « substance », mais ne valent que comme rapport (chez lui, social) dans l’acte de parole.
À son tour, Freud énoncera que l’inconscient fait fi de ces mêmes principes, ouvrant (ré- ?) la question de la signifiance et ce contre l’esprit de son temps (logico-positivisme), et encore plus du nôtre qui n’en a pas fini d’instituer un scientisme universel et violent, exclusif des logiques hétérogènes, des dissolutions, des exils.
Je prends le terme de « cohérence » non innocemment, car les « consistancy arguments » sont au principe de la subversion du schématisme de la physique classique par les modèles standards actuels relativistes et quantiques. Ceux-ci se sont en effet construits sur la base de l’éviction progressive du matérialisme ontologique de la science classique, au profit d’une épure de plus en plus radicale uniquement fondée sur l’organisation symbolique du schématisme mathématique. Ainsi, le boson de Higgs, « n’existe pas », n’est « rien » comme dirait un Steven Weinberg avec Gorgias : ce Higgs n’est pas un objet, ni une « particule », c’est une fonction algébrique cohérente avec le formalisme quantique relativiste.

Pierre Pitigliano, mars 2019

Lieu, dates, horaire
10 rue Saint-Antoine, 75004 Paris,
le 3ème jeudi du mois à 21h00, entrée libre.
Contact : Pierre Pitigliano — 0661554115
Frédéric Nathan-Murat — 0148872940.

Paris, Séminaire

Maryan Benmansour
06 82 93 98 49

La mort, la rhétorique et la souveraineté

« La salle de réanimation où errent entre la vie et la mort le néo-mort, comateux et le faux-vivant, délimite un espace d’exception où apparaît une vie nue à l’état pur, pour la première fois intégralement contrôlée par l’homme et sa technologie. Et comme il ne s’agit pas d’un corps naturel mais d’une incarnation extrême de l’homo sacer […], ce qui se joue ici, encore une fois, c’est la définition d’une vie qui peut être ôtée sans que soit commis d’homicide, et qui, comme l’homo sacer, est « insacrifiable » au sens où elle ne saurait évidemment faire l’objet d’une exécution capitale. »

G. Agamben (1)

« Quand je pense à chez nous (où il n’y a plus personne à présent), il me semble toujours qu’il a dû en être autrement, jadis. Jadis, l’on savait — ou peut-être on s’en doutait seulement — que l’on contenait sa mort comme le fruit son noyau. Les enfants en avaient une petite, les adultes une grande. Les femmes la portaient dans leur sein, les hommes dans leur poitrine. On l’avait bien, sa mort, et cette conscience vous donnait une dignité singulière, une silencieuse fierté. »

R.M. Rilke (2)

Poursuivant la réflexion initiée l’année précédente, nous tenterons cette fois une question généalogique : dans quelle mesure la question de la mort a-t-elle pu s’inscrire dans la pensée du XXème siècle et comment a-t-elle pu soutenir la réitération de la question de la souveraineté ?
Là encore, que vient nommer ici le mot « mort » ? Et qu’en est-il de son antonyme, le mot « vie », ainsi que de leur liaison ?
Entre la Todestrieb de Freud et le Sein zum Tode de Heidegger (fantômes de Nietzsche ?), s’ouvre un espace de pensée exploré en France par Georges Bataille et par Maurice Blanchot d’abord, puis par Michel Foucault et Jacques Derrida, entre autres.
En cet espace se déploient également diverses théories autour de la souveraineté.
C’est sur de tels moments que nous voulons revenir pour décrire ces circonstances où la souveraineté vient « prendre » sur « la vie la mort ».
Pour le faire, et pour des raisons évidentes, nous appuierons notre discussion sur la lecture du séminaire de Jacques Derrida récemment publié qui s’intitule précisément : La vie la mort.

M. B.

(1) G. Agamben, Le pouvoir Souverain et la vie nue, in Homo Sacer, L’intégrale, Éditions du Seuil, Paris, 2016, pp 145-146.
(2) R.M. Rilke, Les cahiers de Malte Laurids Brigge, trad. M Betz, Éditions du Seuil, 1966, p. 16-17.

Dates, horaire, lieu
Le second mercredi du mois (si possible) de 21h à 23h, dans le cadre de l’Institut des Hautes Études en Psychanalyse. À partir du mois de novembre 2019, soit les 13 nov. et le 11 déc. 2019, et les 15 janv. 5 fév. 11 mars, 22 avr. et 13 mai 2020.
En octobre 2019, un argumentaire plus détaillé, le nom des intervenants ainsi que les nécessaires précisions de dates et de salles seront disponibles à l’adresse suivante : psychanalyse.ihep.fr