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Paris, Colloque

Lysimaque
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les 1er et 2 février 2020

El estallido
La récursivité comme éclatement de l’univers du discours
et imprédicativité du lien entre les jouissances

Estallido est ici traduit par éclatement, rupture, cassure… C’est un abord de la coupure. Notre propos consistera à avancer logiquement sur la fonction de la coupure — où qu’elle opère.
Ce colloque se tient à l’initiative de Daniel Jorge Paola (Buenos Aires) qui en a défini l’axe de travail. On trouvera ci-après le troisième point de son argument initial. Un rapide commentaire de cet argument peut être envoyé sur demande, comme base de discussion.
Mais ce qui compte — et qui mérite l’organisation de ce colloque comme des échanges à venir à ce propos —, c’est de pouvoir juger de la variabilité chaotique de l’ordonnancement symbolique. Aussi ce colloque est-il à prendre pour une étape vers le colloque de Dimensions de la psychanalyse sur Tourbillons, turbulences et chaos, les 3 et 4 octobre 2020. Là où la topologie des psychanalystes peut paraître statique, il nous appartient de tirer les
conclusions logico-mathématiques de la variabilité de la signifiance et du semblant de fixité des signifiants, tributaires de la récursivité des fonctions (dites psychiques) auxquelles signifiance et signifiants sont liés pour que l’inconscient freudien s’en définisse comme un rapport subjectalisé aux soubassements d’écriture du langage.
Le nombre volontairement réduit d’intervenants laisse place à une discussion soutenue entre eux et avec l’auditoire.

R.L.

1

El estallido del universo del discurso es enunciado por Lacan en el seminario de la Lógica del Fantasma. Atravesar el fantasma es en acto realizado por Lacan, siguiendo el trazo de la pulsión, en un giro, que denomino por mi parte, auto-poiético, tal cual interpreto para el psicoanálisis desde la teoría performativa.
El resultado del estallido del universo del discurso tiene consecuencias sobre el objeto a, hasta la reducción a la psartícula en el seminario 24 o incluso a la materia como se enuncia en el seminario Momento de Concluir.
La recursividad permanece intacta en la variable que el flujo de significación conlleva con el estallido. Se trata del momento en el que el síntoma estalla junto al sinthome, volviendo al tres real simbólico e imaginario. La consecuencia clínica es arribar a un saber supuesto en el que el estallido es determinante para el síntoma determinando un significante nuevo. A partir de allí el recurso material de la letra inconsciente se prueba en movimiento, según la pulsión.
Si no hay universo de discurso, el significante nuevo crea un enigma, descubierto en las nuevas formas que adopta el devenir discursivo histerico-analizante.

*

L’éclatement de l’univers du discours est énoncé par Lacan dans son séminaire sur La logique du fantasme (1966-1967). Traverser le fantasme est un acte que réalise Lacan en suivant le tracé de la pulsion en un tour que pour ma part j’appelle « auto-poïétique », comme cela se lit dans la théorie du performatif.
Le résultat de l’éclatement de l’univers du discours a des conséquences sur l’objet a, jusqu’à sa réduction à la « psarticule » (Lacan) dans le séminaire L’insu que sait de l’une-bévue s’aile à mourre, ou même à la matière comme c’est énoncé dans Le moment de conclure.
La récursivité persiste [par contre] intacte dans la variable que le flux de signification implique dans l’éclatement. Il s’agit du moment où le symptôme éclate en s’adjoignant au sinthome, retournant aux trois que sont le réel, le symbolique et l’imaginaire.
La conséquence clinique est d’arriver à un savoir supposé dans lequel l’éclatement est déterminant du symptôme. À partir de là le recours matériel à la lettre inconsciente se prouve dans le mouvement, selon la pulsion.

Daniel Paola
le 19 mai 2019
(traduction de René Lew)

2

La récursivité de la signifiance se prolonge dans la coupure qui structure la bande de Mœbius mettant en continuité prédicativité et imprédicativité des objets de la psychanalyse (pour nous en tenir à ce seul domaine). Inversement une telle coupure se focalise au point spécifiant la récursivité en un artefact qui n’est en rien structural.(note 1)


Communément j’ai tendance à redéfinir cette coupure (élargie à son voisinage mœbien) de manière topologique, en insistant sur la structuration de ce vide en passage : en termes d’hélice, de nœud propre ou borroméen, de tissu… C’est en particulier donner une consistance saisissable (et déjà au plan imaginaire) au vide (comme faille, manque, division, non-rapport…). Un autre abord peut en être logico-mathématique. C’est ce que va questionner ce colloque.
La récursivité est ainsi proprement éclatée en objet et sujet — eux-mêmes fondés comme a et S/ de cet éclatement qu’ils intègrent à leur conformation —, et pareillement en signifiant. Ces trois extensions de la récursivité sont ainsi chacune elle-même démultipliée.

En l’affaire ni le signifiant (binaire), ni l’objet a ni le sujet barré ne valent prédicativement (ou ontologiquement) quant à la radicalité de chacun : chacun (dans cette démultiplication) ne s’assure (1°) que de sa variabilité, (2°) des interférences avec les deux autres registres et néanmoins (3°) de sa continuité avec les objets prédicatifs du monde, tout au profit de la récursivité que spécifie la signifiance et qu’elle détermine. Aucun de ces trois types d’objet n’est identique à lui-même, mais chacun s’appuie sur sa différence d’avec les autres.

Au-delà de ces rappels schématiques, les intervenants à ce colloque sont donc invités à faire le point de leur recherche sur l’éclatement de l’objet, du sujet, des signifiants, comme sur celui des jouissances et du sens qui leur sont superposés en une stratification soutenant l’axe fibré de leur association à la signifiance.
Ce que la topologie risque encore d’indiquer comme statique, sinon fixé, la logique et la mathématique — chacune plurielle — permettent assurément d’en faire opérer le mouvement et ses variations, autrement que les concepts de la psychanalyse n’ont su le faire jusqu’ici. Affaire de dynamologie, dirai-je avec Bachelard.

*

Un calcul du mouvement permet la saisie des liens dits paradoxaux de mise en continuité de la continuité de la signifiance (S1 chez Lacan) avec la discontinuité des signifiants proprement dits (S2 chez Lacan) :
(continuité → (continuité → discontinuité)),
(S1 → (S1 → S2)).
Lacan indique que cette paire ordonnée vaut comme aliénation (plus exactement, une aliénation symbolique).

Un colloque sur l’éclatement de l’objet, prolongeant la rupture de l’univers du discours et la cassure fonctionnelle indiquant en terme freudien de castration la raison récursive des jouissances, un tel colloque ne peut avoir trait qu’à ce que la paire ordonnée précédente passe sous silence, soit la valeur des flèches qui en relient les termes (note 2). Au « niveau » de ces flèches, c’est la structure du mouvement qui appelle à être précisée. Lacan avait commencé à en donner quelques indications intuitives dans son séminaire L’angoisse. Maintenant il s’agit d’en relever la gageure plus avant que ne l’a fait la topologie (note 3).
Ainsi la structure signifiante du sujet S/ et celle de l’objet a en psychanalyse — le premier en reprenant l’articulation signifiante sur un mode métaphorique, et le second sur un mode métonymique, en s’en trouvant chacun ainsi défini —, cette structure signifiante mettant en œuvre des après-coups différenciés comme rétrogrédient (de l’effet sur la cause ou plutôt du conséquent sur l’antécédent, à partir d’une conditionnelle irréelle) et comme progrédient (standard, de la cause vers l’effet, et de l’antécédent vers le conséquent), cette structure signifiante, dis-je, est, sur ce mode, récursive. Elle peut être dite automorphe, si on disjoint cet endomorphisme de tout auto-engendrement, car un signifiant se définit ainsi à partir du successeur qu’il induit et qui l’induit en retour en l’appelant à l’existence. Aussi, à propos d’un espace topologique, ses automorphismes sont les homéomorphismes de cet espace dans lui-même (note 4).

Définir la structure logico-mathématique de la récursivité — au moins telle qu’elle opère dans l’ordre signifiant — est à l’ordre du jour. Cet ensemble (soit l’Autre) n’a rien d’un univers. Plutôt est-il de l’ordre d’un hors-univers — celui des logiques hétérodoxes à la logique classique. Ainsi l’existence récursive du sujet se fonde de l’inexistence de l’Autre (ce fondement de récursivité se nomme — s’écrit — S(A/ )). Voilà à quoi tend ce colloque. La question est donc de réussir à satisfaire l’enjeu qui est signifiant, récursif, ouvert, mobile… Une conception prédicative des choses (soit une logique du 1er ordre) implique un univers du discours — ce que nous n’aurons pas à récuser, mais à intégrer dialectiquement dans un « espace » conceptuel plus large, comme un espace de fonctions. Bien plus, c’est à démontrer l’éclatement de cet univers que nous sommes conviés (bien au-delà de ce colloque), de manière à pouvoir dénommer encore autrement cet éclatement. Pour l’heure c’est la fonction de la récursivité qui implique cet ordre de questions.
Insistons encore sur un point. La récursivité se présente comme fonction, phallique nommément. C’est elle qui spécifie, à partir de la jouissance que le sujet en « éprouve », ce que l’existence de celui-ci met en œuvre de peu assuré. Mais, à ce niveau existentiel, ce n’est pas d’éprouver [de] la jouissance qu’il s’agit, mais de la mettre en œuvre au profit de l’existence du sujet ainsi distingué de l’Autre.

René Lew,
le 24 mai 2019

notes :
1. Ce schéma que je dis « borro-projectif » est une reprise du schéma R de Lacan, Écrits, Seuil, p. 553-554.
2. R.L., texte sur passage et obstacle, repris dans R.L., Pulsion de mort et pulsion de destruction, Lysimaque, 2019.
3. R.L., L’angoisse comme fonction de coupure, Lysimaque.
4. Voir R.L., « Sur les hyperboloïdes », conférence Lysimaque, 2018.

Intervenants
(par ordre alphabétique)

― Jeanne Lafont
― Fernanda Restivo (EFBA – École freudienne de Buenos Aires)
― Silvana Tagliaferro (École Freud-Lacan de La Plata)
― Osvaldo Cariola (Freuds Agora, Copenhague)
― Gérard Crovisier
― Anatole Dahan : Langages (et) informatiques
― Stéphane Dugowson
― René Lew : Dynamologie de la coupure et de l’éclatement
― Jean-Michel Mack : Le retournement temporel
― Daniel Paola (EFBA – École freudienne de Buenos Aires) : Que veut dire éclatement ?
― Pierre Pitigliano
― Marc Saint-Paul : Dynamique symbolique, tresses et psychanalyse

Dates, horaires, lieu, inscription
Le samedi 1er et le dimanche 2 février 2020 à 9h30 et à 14h,
à l’ASIEM, 6 rue Albert de Lapparent, 75007 Paris.
PAF : 80 € à l’ordre de l’association de la lysimaque, 7 bd de Denain, 75010 Paris (entrée libre pour les étudiants et les demandeurs d’emploi).

Marseille, Séminaire

Mireille Paulin
06 88 70 20 85

Récursivité, psychanalyse, psychiatrie

René Lew – Kastration & Todestrieb – Berlin 28 avril 2018

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René Lew

Berlin, le 28 avril 2018

Kastration und Todestrieb

Castration et pulsion de mort

Argument

J’aborderai la fonction de la castration comme récursive en lien avec la signifiance. Elle s’inscrit au poste de l’intension dans le quadrangle lacanien (modal, œdipien, discursif…) qui l’oppose aux extensions objectales, réelle, imaginaire et symbolique.

Ce schématisme s’étend, selon le principe du schéma R de Lacan, à une structure projective qui souligne, dans leur indiscernabilité, le lien entre de tels opposés.